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F l a s h i n f o 1er aout 2013

jeudi 1er août 2013

Reprise des "pourparlers de paix", dans quel cadre ?

Toute la presse en parle, les "pourparlers de paix" entre Palestiniens et Israéliens reprennent sous l’égide des Etats-Unis. John Kerry, le secrétaire d’Etat américain (équivalent de notre ministre des Affaires Etrangères) y a mis tout son poids, ...et beaucoup de pressions.

Mais c’est dans une grande ambiguïté que démarrent ces négociations, plus précisément les discussions préliminaires qui doivent en fixer le cadre. Ambiguïté notamment sur le respect des conditions préalables que l’Autorité Palestinienne avait mises à toute reprise des négociations, et qui ne font que reprendre le droit international : gel total de la colonisation, reconnaissance des frontières d’avant 1967 comme point de départ de ces négociations, libération des prisonniers. Des assurances verbales auraient été données à John Kerry, mais le moins que l’on puisse dire est que les cartes ne sont pas sur la table ! Dans un article récent, Charles Enderlin relève ces ambiguïtés.

N’oublions pas qu’en septembre prochain nous allons "fêter" les 20 ans des accords d’Oslo : un "processus de paix" devenu "processus de colonisation et d’annexion", au mépris de toutes les lois internationales, une situation qui n’a cessé de s’aggraver depuis 20 ans pour les Palestiniens, en Cisjordanie, à Gaza, en Israël et dans les camps de réfugiés.

C’est avant tout aux Palestiniens de décider des conditions de reprise de ces négociations, mais il n’est pas surprenant, compte tenu de l’ambiguïté dans laquelle elles démarrent, que plusieurs forces politiques aient manifesté leur désaccord : le Hamas, certes, mais aussi le FPLP (gauche laïque, membre de l’OLP) et d’autres partis palestiniens. Des manifestations, réprimées par la police palestinienne, ont eu lieu samedi dernier à Ramallah ; nous considérons que cette répression n’est pas acceptable et nous le faisons savoir. Dans un bel article, la journaliste israélienne engagée Amira Hass analyse la montée du rejet de ces négociations et ce que cela signifie, y compris pour l’avenir d’Israël.

La reconnaissance de la Palestine à l’ONU en novembre 2012 a créé une nouvelle dynamique. Ce n’est pas précisément dans celle-ci que s’incrivent les Etats-Unis, l’un des seuls grands pays à avoir voté contre !... Les Etats-Unis sont tout sauf des arbitres impartiaux, la référence doit rester le droit international, et non l’appréciation des Etats-Unis sur les nouvelles "concessions raisonnables" que devraient faire encore les Palestiniens face à la raison du plus fort des Israéliens. A lire sur ce point l’analyse de Richard Falk (en Anglais). Et le rappel par l’AFPS que, dans ces négociations, c’est sur l’occupant que les pressions doivent s’exercer !

L’Europe, la France, ne doivent pas rester spectatrices. Les négociations sont aujourd’hui mal parties, par manque de référence claire au droit, tout simplement. Il appartient au gouvernement français, avec les autres gouvernements européens et l’Union européenne, de rappeler à Israël, s’il le faut par des sanctions, que la paix se construit sur le droit international et non pas sur la raison du plus fort.

A voir : l’interview de Didier Fagart, secrétaire Général de l’AFPS, sur i-télé ce mardi 30 juillet.

A lire : l’analyse d’Isabelle Avran, "Fonder les négociations sur le droit".
Europe : un tout premier pas concret contre la colonisation

L’Europe nous avait habitués depuis trop longtemps aux grandes déclarations sans lendemain.

Avec les "lignes directrices" qu’elle a publiées le vendredi 19 juillet, elle fait enfin un tout premier pas vers des mesures concrètes.

Ces ligne directrices, qui prendront effet à partir du 1er janvier 2014, excluent des aides européennes les entités israéliennes basées dans les territoires occupés (en clair, les colonies), ainsi que toute activité d’entités israéliennes dans les territoires occupés. Dans le cas de prêts ou de garanties financières (notamment apportées à des banques israéliennes), le bénéficiaire final de ce montage financierne doit avoir aucune activité dans les territoires occupés.

Ce texte va avoir un impact à la fois sur la réalité et sur les principes. Ainsi, la compagnie Mekorot, grande organisatrice du vol de l’eau aux Palestiniens, ne pourra plus, comme en 2011 (où elle a obtenu 120 millions d’Euros de prêts ...!!...) bénéficier des prêts de la Banque Européenne d’Investissement (BEI). Au passage, nous devinons l’ampleur des aides européennes à Israël, mais au nom de quoi ? Sur le plan des principes, le texte rappelle en bonne place les conclusions du Conseil Européen de décembre 2012, selon lesquelles tout accord entre l’Union Européenne et Israël devra préciser qu’il ne s’applique pas aux territoires occupés depuis juin 1967. En résumé, l’Union Européenne dit enfin que les colonies, ce n’est pas Israël.
Et on lira comment le caractère illégal de la colonisation est expliqué dans les détails par le journal Haaretz à ses lecteurs israéliens.

Une autre retombée nous paraît particulièrement importante : comme d’habitude, à l’annonce de la prochaine parution de ce texte, le gouvernement et le président israéliens ont déployé un arsenal de pressions impressionnant. Ils ont même réussi à ressortir l’argument usé jusqu’à la corde qu’il fallait retarder leur parution pour ne pas mettre en péril les négociations ! Le texte est paru le jour dit, cela n’a évidemment rien changé aux négociations. L’Union Européenne serait-elle en train d’apprendre à résister aux pressions israéliennes ? Elle en sort en tout cas grandie...

Au-delà, tout reste à faire. Les Etats, les entreprises, doivent s’engager dans la même voie. Les produits des colonies doivent être bannis du marché européen. Et une dynamique de sanctions doit s’engager, sanctions appliquées à l’Etat d’Israël tant qu’il ne se conformera pas au droit international.

A lire, le texte des lignes directrices (en Français).

A lire, le communiqué de la CECP (Coordination Européenne des Comités et Associations pour la Palestine).
L’événement de la rentrée : c’est à Corbeil-Essonnes,
le dimanche 8 septembre, à 14h30

Evry Palestine organise la projection exceptionnelle du film "Cinq caméras brisées" de Emad Burnat et Guy Davidi, en étroite collaboration avec le cinéma ARCEL et la communauté d’agglomération.
Avec la participation de Taoufiq Tahani, président le l’Association France Palestine Solidarité et un moment de convivialité et d’échanges à l’issue du débat.

Réservez votre après-midi !
Tarif : 4 euros.

Emad, paysan, vit à Bil’in en Cisjordanie. Au milieu du village, Israël a élevé un « mur de séparation » qui exproprie les 1700 habitants de la moitié de leurs terres, pour étendre et « protéger » la colonie juive de Modi’in Illit, prévue pour 150 000 résidents. Dès lors, à partir de 2005, les villageois de Bil’in s’engagent dans une résistance non-violente pour obtenir le droit de rester propriétaires de leurs terres.
Dès le début de ce conflit, et pendant cinq ans, Emad filme les actions entreprises par les habitants de Bil’in. Avec sa première caméra, achetée à la naissance de son quatrième fils, et au fil des images des quatre suivantes... il établit la chronique intime de la vie d’un village en ébullition, dressant le portrait des siens, famille et amis, et de leur lutte.
Guy Davidi, militant israélien engagé contre la colonisation et réalisateur, a proposé à Emad de faire un film de ses images. "Cinq caméras brisées" est le fruit de leur travail commun, de leurs échanges, d’une écoute mutuelle sensible et profonde, qui font de ce document un témoignage exceptionnel..

CALENDRIER

Profitez de l’été pour visiter et soutenir l’exposition "Foyer Fantôme" de Ahlam Shibli au musée du Jeu de Paume à Pais. Métro Concorde. Consultez les horaires et le thème de l’expo.

En ce moment, à Paris Sortie du film "Dans un jardin je suis entré" film du cinéaste israélien Avi Mograbi, militant actif pour un état laïque où juifs, arabes, chrétiens, bouddhistes et athées pourraient cohabiter en paix et à égalité. Cette fois ci le cinéaste se met en scène avec son ami palestinien vivant à Tel Aviv, Ali Al Azhari, dont toute l’existence est liée au drame palestinien.

Dimanche 8 septembre, Cinéma Arcel de Corbeil :
projection du film « 5 Caméras brisées » de Emad Burnat et Guy Davidi
(production franco-israélo-palestinienne), débat, table de presse, vente solidaire.
En-dehors de cette projection exceptionnelle, le film passera au cinéma Arcel toute la semaine, du mercredi 4 au mardi 10 septembre.

Lundi 9 septembre à 20 h 30, Maison du Monde d’Evry
Réunion mensuelle d’Evry Palestine

Mardi 10 septembre, Maison du Monde d’Evry
Rentrée associative de la Maison du Monde

Du vendredi 13 au dimanche 15 septembre, La Courneuve
Fête de l’Humanité : nombreux stands sur la Palestine. Nnous serons présents sur le stand de l’AFPS, où des informations, rencontres et débats seront organisées.

Dimanche 22 septembre, Cours Blaise Pascal et Bd des Coquibus, Evry
Fête des associations

Et un samedi sur deux, vous pourrez nous retrouver place de l’Agora. Le prochain rendez-vous aura lieu le samedi 3 août, de 15 h 30 à 17 h.


Voir en ligne : http://evrypalestine.org/envois/201...

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Créé en décembre 1988, EVRY PALESTINE constitue l’un des comités locaux de l’Association France Palestine Solidarité. Conformément à la charte de l’AFPS, l’’association soutient le peuple Palestinien dans sa lutte pour la réalisation de ses droits nationaux et agit pour une paix réelle et durable, fondée sur l’application du droit international. lire la suite
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